Ségolène Royal et son équipe ont l'intention de "faire pleinement partie de la direction" du Parti socialiste, a affirmé vendredi Manuel Valls, à la veille d'une deuxième rencontre entre Martine Aubry et son ex-rivale pour le poste de Premier secrétaire.
"Nous voulons faire pleinement partie de la direction qui se mettra en place à l'occasion du conseil national du 6 décembre prochain", a déclaré le député de l'Essonne lors d'une conférence de presse dans les bureaux parisiens de Ségolène Royal.
La "responsabilité" de l'équipe Royal, "c'est de prendre (...) toute notre place à de véritables responsabilités, à la direction du Parti socialiste", a-t-il déclaré, ajoutant qu'il s'agissait d'une place à prendre "sur le plan quantitatif comme qualitatif".
Lors d'un premier rendez-vous mercredi avec la nouvelle Première secrétaire, Mme Royal avait conditionné son éventuelle participation à la direction à un "contrat politique". Une nouvelle rencontre est prévue samedi entre les deux femmes.
Ségolène Royal et son bras droit Vincent Peillon seront accompagnés de Jean-Noël Guérini, homme fort de la fédération socialiste de Bouches-du-Rhône et chef de file des barons locaux qui ont soutenu la présidente de la région Poitou-Charentes dans la bataille pour la direction du PS.
Ces grands élus plaident aujourd'hui pour un rapprochement avec la maire de Lille. "Je ne ferai rien pour mettre des bâtons dans les roues de Martine Aubry", dit M. Guérini dans un entretien publié vendredi par "Libération".
Manuel Valls a martelé que les partisans de Ségolène Royal étaient "la première force" du Parti socialiste. "Nous ne sommes ni une minorité ni une opposition", a-t-il également répété, ajoutant qu'"il n'y a qu'une seule opposition, c'est celle à Nicolas Sarkozy".
Le député de l'Essonne a estimé qu'"il faut tourner la page du Congrès de Reims" et "des étapes difficiles et douloureuses qui ont suivi", et a appelé au "rassemblement".
"Si on ne veut pas de deux partis (...), tout doit être fait pour rassembler", a déclaré M. Valls, qui a ensuite considéré que la thèse d'une "cohabitation impossible entre deux lignes (...) au sein même" du PS, est "totalement insupportable".
Interrogé sur la vidéo de Ségolène Royal diffusée sur Internet, dans laquelle la candidate à la présidentielle de 2007 mobilisait ses partisans pour 2012, Manuel Valls a estimé qu'"il ne doit pas y avoir de mauvaise interprétation" sur ces propos. "Elle a voulu leur rappeler tout simplement que l'objectif de nous tous, c'est 2012. Et c'est un objectif collectif, pour battre Sarkozy, pour que la gauche gagne", a-t-il expliqué.
Le député de l'Essonne a par ailleurs laissé entendre qu'il abandonnait les recours en justice contre l'élection de Martine Aubry, obtenue avec 102 voix d'avance sur Ségolène Royal selon les résultats définitifs entérinés mardi par le Conseil national du PS.
"Nous sommes dans une autre phase, c'est celle de la responsabilité", a-t-il répondu à une question sur ces recours. "Ça ne veut pas dire que nous oublions ce qui s'est passé. Ça ne veut pas dire que nous ne sommes pas choqués comme beaucoup de militants par ce qui s'est passé il y a quelques jours", a-t-il ajouté, avant de conclure: "Nous voulons faire preuve de responsabilité et regarder vers l'avenir".